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Essai moto : Husqvarna Svartpilen 401 2018

Je crois que c’est la moto sur laquelle on m’a le plus questionné, celle qui a le plus attiré la curiosité de toutes les motos que j’ai possédées jusqu’à aujourd’hui.

Pourtant sur le papier, c’est une petite moto, un monocylindre de moins de 50 chevaux, un design on ne peut plus minimaliste, m’enfin rien d’extravagant. Et aujourd’hui je peux le dire, elle est tellement plus qu’une mini-moto.

Retour aux sources

La Svartpilen tire ses origines de la pierre angulaire sur laquelle s’est construite Husqvarna : La Silverpilen. Ça remonte loin, très loin. Avant même que mes parents naissent, t’imagines ? La Silver, c’est une petite bécane de 175cc de presque 10 chevaux bien énervés qu’a bien marqué l’histoire de la marqué Suédoise.

Silverpilen, Svartpilen. Pas besoin de chercher super loin pour trouver l’origine du nom de cette nouvelle monture ! Le savais-tu ? Svartpilen veut dire flèche noire, Vitpilen, flèche blanche. D’où le nombre de coloris vachement limité.

Et pourtant quand on la regarde, on ne pense pas vraiment au passé. Ni même au présent. Pour ce qui est du design, c’est du jamais vu, ça ne ressemble à rien de ce qui existe. On retrouve bien certains codes communs aux motos plus classiques comme un phare rond, un guidon, deux roues, une selle (un morceau de béton qui y ressemble à première vue en tout cas). Mais elle les assemble d’une manière assez originale, le réservoir ne fait qu’un avec tout l’habillage de la moto, le tout en gardant une ligne très plate à tel point qu’on se demande s’il y a vraiment de l’essence là-dedans.

L’idée est d’avoir une moto simple, pas forcément très puissante, accessible et surtout qui te file la banane. Et le contrat est carrément rempli par cette KTM Duke 390. Alors oui, il faut savoir que la Svartpilen est une 390 restylisée. Elle conserve le même moteur, le même cadre, les mêmes suspensions… Et pas le même prix. Foutu marketing.

Petite parenthèse, ces petites bêtes étant assez particulières, pas très connues et Husqvarna n’étant pas forcément la marque à laquelle on pense quand on se lance à moto, il y a vraiment moyen de faire de bonnes affaires en cherchant dans les recoins du bon coin ! Le contre coup de cela c’est qu’au moment de la revendre, il vaut mieux savoir être patient.

Revenons à nos moutons, la petite suédoise est assez haute perchée et plutôt fine. Je touche le sol des deux côtés mais pas avec les talons, malgré ça le poids hyper contenu permet de se sentir tout de même à l’aise dessus. Mais c’est vrai que ça surprend qu’un aussi petit gabarit soit perché aussi haut. Le fameux « ah quand même » sort spontanément la première fois. La position est droite, le guidon assez court, c’est plutôt naturel et proche de ce qu’on retrouve sur les roadsters du marché. Seul bémol, la selle aussi dure qu’esthétique… Ça pique.

Au niveau de l’équipement on a assez vite fait le tour, on a un petit tableau de bord numérique et rond. Il est beau et complet, mais pour moins cher la Duke 390 à un TFT. Il est où mon TFT ? Il ne manque pas spécialement d’information, on retrouve le rapport engagé, l’heure, la jauge d’essence, la jauge de température du moteur, l’autonomie restante et j’en passe.

Les suspensions ne sont pas réglables sur ce millésime (mais elles le sont sur le modèle suivant), pourtant elles ne manquent de rien. On retrouve la marque chère à KTM, White Power qui ne m’a jamais déçu au niveau amortissement. C’est assez marrant d’avoir une moto avec un gabarit si contenu et des tubes de fourche aussi large. Ils en jettent sévère.

Le freinage est quant à lui confié à une filiale « low cost » de Brembo, ByBre. J’en parlerai plus tard lors de l’essai dynamique, il n’y à qu’un simple disque à l’avant. Mais qu’est-ce que ce truc freine. C’est assez impressionnant. On retrouve l’abs de série, mais je ne l’ai jamais déclenché, ou en tout cas le compteur ne m’a jamais indiqué que c’était le cas.

Mini-moto, maxi-plaisir

La 401 fait partie de ces motos pour lesquelles tout est un prétexte à rouler. Et de chanter du rock avec une sonorité un peu vintage mais pas trop quand tu roules, à éviter avec un casque jet et une voix comme la mienne.

Tout paraît évident sur cette petite machine. Les virages s’enchaînent sans fatigue mais avec un maximum de plaisir, à part les fesses qui se font sentir au bout d’un moment : tout va bien. C’est vraiment le pied à piloter.

A première vue on pourrait se dire que le moteur est limite, un pauvre mono de même pas 400cc qui crache à peine 44 chevaux. Première surprise : elle marche franchement bien, le moteur est plutôt nerveux et ce mono monte a 13 000 tours minute, on est bien loin des gromonos de l’époque sur ce plan. Et c’est peut-être l’une des raisons qui fait que ce petit moteur vaut largement les mono-cylindres plus gros qu’on retrouve sur de vieilles XT, DR et autres pétoires d’une autre génération. Une belle surprise ! Autre petite surprise, la consommation qui tourne entre 3.5 et 4 litres. Merci la petite cylindrée ! Avec le réservoir de moins de 10 litres, on dépasse aisément les 200 km d’autonomie et on vient presque toucher la barre des 300… une belle prestation en somme !

La Svartpilen est un exemple de maniabilité. Bon il faut dire qu’elle est bien aidée par son poids ultra-contenu, on parle de moins de 160 kg tous pleins fait, et ça se ressent vraiment. Les suspensions White Power viennent ajouter un bon point à cette partie cycle, elles se montrent assez dures pour mettre un beau rythme, mais assez soft pour éviter de perdre son postérieur à la première imperfection. Lors de ma plus longue journée avec, j’ai dépassé les 450 km, et hormis les fesses, même pas mal ! Et encore, si la selle avait été plus tendre, j’aurais été frais comme un gardon.

Tu as déjà eu la sensation qu’une pièce de moto ne « colle » pas à une machine ? Parce qu’il faut quand même que je te parle du freinage, et là, c’est exactement le ressenti que j’ai eu. Je trouve qu’il mord beaucoup trop fort, le feeling n’est pas fameux, je le vois plus comme un interrupteur ON/OFF. C’est peut-être un poil trop violent pour la Svart’ qui se veut urbaine, j’aurais préféré un freinage plus doux mais surtout plus dosable. Après il faut dire ce qu’il y a, niveau efficacité il est carrément top !

Pour la boite je n’ai pas vraiment de point à soulever, elle est douce et les vitesses passent bien, je n’ai pas eu de soucis de point mort, de passage lent ou quoi que ce soit. Les rapports tirent un tout petit long pour la cylindrée, une démultiplication plus orientée nervosité aurait été chouette, pour autant celle d’origine n’est pas mauvaise.

Parlons de choses qui fâchent. Husqvarna qualifient cette petite machine d’« Urban Explorer ». J’insiste sur le Urban. Même si elle y ressemble, même si elle à une barre de renfort de guidon, et même si elle est livrée avec des pneus mixtes : Cette moto n’est pas un Scrambler, avec tout ce que cela implique. Elle ira dans les chemins, et se maniera comme un roadster classique, en plus léger. Mais elle n’a clairement pas été imaginée dans ce but-là, la garde au sol n’est pas folle, les suspensions (qui sont d’ailleurs les mêmes que pour la Vitpilen 401, le modèle racer de la gamme, c’est dire) bégayent quand il s’agit de maintenir le cap entre les bosses.

Autant elle est carrément étonnante et attachante sur route. Autant ne vous attendez pas à traverser la pampa sans y laisser quelques morceaux !

Mon avis

Cette Svartpilen est carrément attachante. Pour la petite histoire je l’avais acheté comme moto de tous les jours en complément d’une R1. J’ai fini par vendre la R1 car je prenais plus de plaisir avec celle-ci en montagne (attention, cet avis n’engage que moi, ne me tirez pas dessus).

J’aime tout dessus : son style unique, sa simplicité, les sensations qu’elle procure, ses performances loin d’être à la ramasse. C’est une vraie petite boule de nerfs qui se conduit du regard sans forcer.

Au niveau du coût, même si elle accuse d’un prix d’achat assez haut, on finit vite par « rentabiliser » cette moto. Elle ne consomme rien, que ce soit en essence, en pneu, ou en consommables. Le seul bémol se trouve au niveau des révisions tous les 7500 km, qui coutent au final aussi cher qu’une 600cc.

Je pense que c’est une excellente moto pour commencer, elle est intuitive et carrément fun ! En plus, elle est tellement atypique qu’elle attire la curiosité des gens. On se fait plein de copain du moment qu’on s’arrête. T’as pas d’ami ? Prends une Husky !  

La flèche noire en quelques chiffres :

Puissance max43.5 chevaux à 9000 tr/min
Couple max3.7 mkg à 7000 tr/mn
Architecture moteurMonocylindre
Contenance réservoir9.5 L
Poids150 kg à sec
Hauteur de selle835 mm

Stephane 

T’as pas d’ami ? Prends une Husky !  

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