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Essai moto : Yamaha YZF-R1 2004

Photo de face de la r1 au col de la Schlucht

Je me suis toujours dis que les sportives ce n’est pas fait pour la route. En fait j’irais même plus loin en pensant que ça devait être une purge pas possible et qu’on devait sûrement perdre le plaisir de la moto.

Entre la position aussi agréable que le fait de se faire sacrifier par une secte un peu douteuse, le moteur qui est « exploitable à 10 % à tout péter » et l’ergonomie d’un semi-remorque contrôler avec des moufles… j’en avais des arguments contre.

Mais voilà, l’occasion s’est présentée et pour pas mourir bête j’ai vendu mon âme à la science. C’est en tout cas ce que j’ai affirmé à tout le monde, parce qu’il faut dire que la R1 me faisait vachement de l’œil.

Sportive d’un autre temps

Commençons par là, cette R1 n’est plus toute jeune. Et surtout l’idée de la moto sportive à beaucoup évoluée depuis sa sortie, elle s’est même vachement radicalisée. Pour décrire facilement cela je dirai que si les sportives aujourd’hui sont des machines de compétition autorisées sur route, à l’époque cela devait être des machines de routes pensées pour s’approcher au maximum des machines de compétition.

Quoi, qu’est-ce que je raconte ? Ce que je veux dire c’est qu’en ayant des a priori en se basant sur des sportives modernes, on peut passer à côté de machines assez « polyvalentes » (entre gros guillemets tout de même). Tu vas comprendre assez rapidement.

Photo de l’avant de la r1 au col des bagenelles

Alors, tout ce que je vais dire maintenant s’applique seulement après une bonne 50 aines de kilomètres de roulage, avant c’est tout simplement une purge. Tu as mal partout, tu n’es pas bien et si tu viens d’un roadster… tu as probablement vachement envie d’y retourner.

Mais une fois la période d’adaptation passée, on trouve sa position, ses marques et là, on parle business. Finalement la position sur la moto n’est pas si horrible, du moment qu’on utilise ses jambes pour se maintenir on ne met pas trop d’efforts sur les poignets. Les demi-guidons ne sont pas si bas que ça et sont plutôt bien écartés, le bras de levier est franchement correct. Bon c’est sûr que pour faire un demi-tour à basse vitesse ce n’est pas la moto la plus facile mais ça reste relativement viable.

Le plus dur, c’est de s’adapter à la hauteur des cale-pieds. Parce que ces derniers vont vous donner l’impression d’avoir les genoux dans le casque. Surtout que le réservoir large n’aide pas vraiment à placer ses jambes, pour les petits gabarits comme moi ça demande un peu d’effort.

La selle quant à elle est plutôt surprenante. On pourrait s’attendre à une planche de fakir avec des clous rouillés chauffés au préalable, mais pas du tout. Elle est large, plutôt épaisse et au final étonnamment confortable. Mais, car il y a un « mais », elle glisse. C’est d’ailleurs ça son plus gros problème, j’ai vraiment du mal à me stabiliser dans une position lorsque je n’ai pas de bon point d’appui, que ce soit sur un gros freinage où mes jambes de lâche glissent sur un réservoir trop imposant pour elles, ou même sur un enchainement de petits virages rapides. C’est comme si mes parties génitales étaient irrésistiblement attirées par le réservoir.

Je vais maintenant vous parler d’un des points qui m’a le plus marqué sur cette R1, le freinage. Pour la petite anecdote, je ne suis clairement pas le mec le plus à l’aise à moto. Il faut dire que j’ai un bon passif de bras cassé ! Je n’étais pas rassuré d’avoir 180 chevaux (j’y reviendrai après, ne t’inquiète pas) avec un freinage vieux de 15 ans sans ABS. Et j’avais (carrément) tord. Le freinage de cette moto est probablement l’un des meilleurs que je n’ai jamais eu : le couple maitre cylindre PR16 de Brembo avec les deux étriers 4 pistons de Yamaha offre une alchimie plus que satisfaisante. Le frein avant est ultra-dosable, avec un excellent feeling et le mordant d’un T-rex qui n’aurait pas reçu sa dose de croquettes. Ce dernier est rassurant, et finalement l’ABS ne me manque même pas. Pour ce qui est de l’arrière il propose une douceur plutôt agréable mais manque un peu de mordant à mon gout. J’ai l’impression de devoir chercher le sol avant que ce dernier commence à se faire ressentir.

Couplé à cela on retrouve un jeu de suspension qui n’est pas en reste. Là aussi j’ai été agréablement surpris, elles sont efficaces pour leur âge, et surtout elles proposent un rapport performance / confort carrément étonnant. Elles gomment parfaitement les imperfections de la route, tout en permettant de garder un cap stable et rassurant.

Bien sur, au vu de l’âge de la moto tu te doutes que le package d’électronique embarqué ne ressemble pas vraiment à celui de la R1 moderne. Pas d’ABS, pas de traction-control, cartographies réglables directement au poignet du pilote. Je suis médisant, il y a quand même un système de diagnostic automatisé dans le compteur, et l’heure affichée en digitale. Ça compte.

Sportive qui a sa place sur la route et sur la piste

Je pense que l’aspect le plus important pour une sportive que l’on achète pour rouler sur route est le côté sensationnel. Corrige-moi si je me trompe, hein. En tout cas, c’est pour cela que je l’ai acheté, et il faut dire que je n’ai pas été déçu.

Photo bokeh de la r1 au col de la schlucht

Commençons par le moteur. D’ailleurs avant de continuer tu savais que ce moteur à un nom ? Comme le moteur CP4 aujourd’hui ! Son petit patronyme c’est « Genesis », il a la particularité de couter plus cher que les autres moteurs lors du réglage des soupapes, parce que ce dernier en possède 5 par cylindre, soit un total de 20 !

Tu veux du sensationnel ? Prends-en, le moteur en à un paquet à revendre : il monte dans les tours avec une sonorité qui te file des frissons, pas seulement parce que le son est beau, mais parce que tu te retrouves instantanément à des vitesses qui font que ton permis hurle tout aussi fort que ton moteur. C’est beau, c’est fort. Bon l’écurie de 180 chevaux aide pas mal pour ce qui est du frisson, aussi.

Si en haut il pousse avec rage, en bas il est en fait assez doux et souple. Il ne claque pas, reprend même à très bas régime et quand il part…Il part fort ! Et là ça soulève un point que je trouve important de souligner. Ce moteur est totalement utilisable (pas exploitable hein) sur route. Il est coupleux dès les bas-régime et s’adonne parfaitement à l’enroulage sur balade dynamique.

Pour ce qui est de la partie-cycle, l’ensemble est saint et franchement rassurant. La moto demande un peu d’effort à être bougé mais ce n’est pas un bloc de béton non plus, d’ailleurs elle pèse seulement 172 kg à sec ! Une fois qu’on a assimilé la gestuelle de la sportive, on prend un plaisir fou à la jeter de virage en virage. Et une fois sur l’angle, bon sang ce que c’est stable ! Malgré que je glisse sur la selle comme sur un toboggan, la moto ne bouge pas d’un poil.

On augmente le rythme peu à peu sans s’en rendre compte, la moto offrant des performances dignes d’une sportive (ah bon ?), on se retrouve à passer de plus en plus vite dans les courbes quand on n’y fait pas attention. La R1 ne perd pas ses gènes de sportives, bien au contraire. Si elle est à l’aise plus ou moins partout, elle devient excellente quand il s’agit de hausser la cadence, toujours aussi rassurante et efficace. Pour atteindre les limites d’une machine comme ça sur route, il vaut mieux avoir une bonne assurance-vie !

Mon avis

J’ai vraiment été surpris par le côté « contrôlable » et facile de cette moto. J’avais un maximum d’a priori dessus et aujourd’hui, plus aucun. J’étais le premier idiot à dire qu’une sportive sur route c’était pas une bonne idée, je me trompais.

On peut carrément prendre du plaisir sur route avec, alors je ne dis pas qu’on n’a pas la tentation d’aller tatiller le fond du compte-tours, mais là ça se joue plus au bonhomme sur la moto. En attendant on peut y aller cool et s’amuser avec, et quand on a l’envie de se dégourdir : Elle sait faire, la dame !

Je pense que c’est une bonne moto pour mettre un premier pas dans la piscine des grands (l’univers des sportives), même probablement plus qu’une plus petite cylindrée. Je m’explique : elle reste viable tout en proposant des performances de haute volée, on n’a pas besoin d’aller chercher les très hauts régimes pour que la moto pousse fort, on a donc de l’agrément moteur à foison sans pour autant être à des vitesses stratosphériques.

Je ne sais malheureusement pas ce que donne cette bête sur la piste, je n’ai pas encore eu l’occasion de l’y amener. Mais ça viendra, pour sûr !

Un dernier point : Non mais regardez-moi cet arrière, comment ne pas craquer ?!

Photo de l’arrière de la r1 avec les pots Léo Vince

La belle japonaise en quelques chiffres :

Puissance max180 chevaux à 12 500 tr/min
Couple max10.9 mkg à 10 500 tr/mn
Architecture moteur4 cylindres « Genesis »
Contenance réservoir18 L
Poids172 kg à sec
Hauteur de selle835 mm

Stephane

En attendant on peut y aller cool et s’amuser avec, et quand on a l’envie de se dégourdir. Elle sait faire, la dame !

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